Donald Trump kidnappé !

Dans cette mini-fiction sous forme d’article de presse, Pierre Daziran imagine le rapt du Président des États-Unis par un groupe d’écolo radicaux. Objectif ? Lui faire retrouver sa sensibilité à la nature…

Illustration : Alessandro Pignocchi

C’est un dénouement inattendu à un des plus incroyable événement de l’histoire récente. Donald Trump a été retrouvé dans une clairière des Appalaches et exfiltré par les forces spéciales américaines. Il a déclaré qu’il était en excellente santé et qu’il avait passé « la meilleure semaine de [s]a vie ». Dans la foulée et à la surprise générale, il a annoncé la préparation d’une série de lois sur la protection de la nature « les plus ambitieuses de l’histoire ».

Retour sur une semaine rocambolesque

Tout a commencé le 3 octobre dernier lorsque le Président des États-Unis a disparu subitement en lisière du Trump International GC, un de ses terrains de golf de Floride où il a ses habitudes. On sait désormais que les ravisseurs, quatre membres d’un groupuscule écologistes, s’étaient dissimulés sous terre et ont emprunté un tunnel de plus de 70 mètres pour emmener de force Donald Trump jusque dans une camionnette de livraison de légumes bio venue livrer l’hôtel dont il est le propriétaire. Les extrémistes écologistes étaient visiblement bien renseignés puisqu’ils ont immédiatement neutralisé le traceur que le président a en permanence sur lui, dissimulé dans son col de chemise. Ils ont ensuite parcouru d’une traite les 1300 km menant au cœur des Appalaches, se ravitaillant avec des bidons d’essence qu’ils avaient embarqués avec eux. A son grand étonnement, Donald Trump est alors laissé seul, au beau milieu de la nature, nu comme un vers.

Commence alors une semaine de survie. « C’était très facile pour moi – j’ai vu beaucoup d’épisodes de Bear Grylls un type formidable – je n’ai jamais manqué de rien ». Ce que ne semble pas confirmer les résultats des premières analyses médicales qui attestent d’une « perte de poids importante » et d’une « indigestion à Ulmus rubr », une plante réputée pour ses propriétés laxatives. Selon ses dires, le président part alors à l’exploration de son environnement, trouve rapidement une source d’eau, se construit en deux heures « une cabane très très confortable » et élabore un piège à gros gibier qui restera intouché jusqu’à son évacuation. «  Le problème c’est que mes prédécesseurs n’ont rien fait pour protéger nos animaux et notre nature – la plus belle de la planète – ils ont beaucoup parlé. Résultat, il n’y a plus rien à chasser dans nos forêts. Moi, je vais agir, et agir vite ».

L ’abri dans lequel Donald Trump aurait passé la semaine

On ne sait pas au juste à quoi ont pu ressembler les jours qui ont suivi, Donald Trump n’en dira pas plus, mais une chose est certaine, c’est qu’il n’en n’est pas ressorti indemne. Le président a visiblement été touché par ce coin perdu des Appalaches dans lequel ont commencé des coupes rases et des dynamitages en vue de l’établissement d’une nouvelle mine de charbon – dont les travaux ont débuté à la faveur des lois de début de mandat Trump. « Quand j’ai vu ça, ça m’a fait mal au cœur, vraiment. Les gens pense que je n’ai pas de cœur, c’est faux. Je vais vous dire, j’ai même une plus grande sensibilité que tous mes prédécesseurs ».

L’objectif a-t-il été atteint par les ravisseurs ? Sans doute, tant le renversement de doctrine semble total. En tout cas, Donald Trump ne compte pas en rester là. Il a annoncé qu’il mettrait « tous les moyens à sa disposition pour retrouver [s]es ravisseurs et les mettre hors d’état de nuire (…). Ces types-là sont des terroristes, ils n’ont rien fait pour protéger vraiment la nature depuis des siècles mais moi, je vais leur montrer ce que l’on peut faire avec du courage ».

[Mise à jour du 10/10/2020 ] Une revendication des ravisseurs parvenu dans les rédactions indique : « L’objectif de l’enlèvement était d’aider le POTUS (président américain, ndlr) à retrouver son cœur et une certaine sensibilité envers notre environnement. Nous pensons que quelque soit son chemin, tout être humain peut toujours retrouver sa capacité d’émerveillement ».

Pierre Daziran

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